• L'Association

    Association Loi 1901.

    Publication en format pdf. et/ou papier, de nouvelles, poésies, peintures, photos...

     

     

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    « Nous avons, depuis longtemps, perdu la faculté de ruminer… » (F. Nietzsche)

    Toute création est histoire de rumination, de digestion. Toute création est lente et pesante. Génisses gravides sont les poètes, les peintres, les philosophes...

    La rumination est un phénomène physique qui permet aux mâchoires de se tordre pour déchiqueter et broyer ce que la langue goûte et la salive érode. Les aliments peuvent être la chair tendre d'une aubergine ou la carne caustique d'une pomme. Pour l'absorption pleine et parfaite des qualités nutritives de chaque élément et en apprécier rencontres, unions et désunions, la lenteur et la patience sont de mises. La plus infime particule doit se mêler sereinement au corps du ruminant. Durant cette première phase, longue et lente, le ruminant s'oublie. Son esprit, malmené par les dents et la langue, s’emplit et se vide régulièrement. Il nage maladroitement entre failles, crêtes et versants. Dans sa nage il rêve, réfléchit ou s'endort. Quelle que soit l'activité, rêverie, réflexion ou sommeil, elle doit imprégner chaque fibre du ruminant. Rougissant ou jaunissant, selon les qualités élucubratoires de ses aliments, l'acteur de la rumination pourra savourer absorption et digestion.

     ***

     

     "Qu'on ne se récrie pas. La férocité est beaucoup plus rare que le dévouement."

    (G. Darien)

     

    La mode est au prédateur depuis longtemps, bien trop longtemps. Le succès du fauve provient du mythe qui associe intelligence et prédation. L'homme se fantasme jaguar, loup, panthère, et se drape de leurs fourrures sous un climat tempéré. Et pourtant, le fauve n'a rien d'un homme, il n'est ni vénal, ni opportuniste, ni lâche, ni repu. Aucune comparaison n'est possible entre sapiens et le fauve. Mais que voulez-vous, « ...l'énergie, même dans les mauvaises passions, excite toujours en nous un étonnement et une espèce d'admiration involontaire. » (Mérimée). Ainsi, l'agitation des nerveux, des avides, des égocentriques est-elle toujours sollicitée par une masse couarde et soumise. C'est de l'élégance, de la lenteur, de l'insoumission, de la rêverie, de la solitude des ruminants qu'un nouveau langage sourd. L'homme qui rumine est d'une férocité implacable, sa pensée heurte les catégorisations et la morale commune, les us et coutumes d'une masse meurtrière. Il ne se drape ni de dépouilles ni de beaux sentiments. Et puisque le fauve humain fait de nous des proies, retrouvons l'intelligence et la sensibilité des troupeaux...  

     

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     Pour tout contact : lesruminants@gmail.com

     

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    Vous pouvez envoyer vos textes et œuvres graphiques à l'adresse suivante : lesruminants@gmail.com 

     

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    « Nous avons, depuis longtemps, perdu la faculté de ruminer… » (F. Nietzsche)

    Toute création est histoire de rumination, de digestion. Toute création est lente et pesante. Génisses gravides sont les poètes, les peintres, les philosophes...

    La rumination est un phénomène physique qui permet aux mâchoires de se tordre pour déchiqueter et broyer ce que la langue goûte et la salive érode. Les aliments peuvent être la chair tendre d'une aubergine ou la carne caustique d'une pomme. Pour l'absorption pleine et parfaite des qualités nutritives de chaque élément et en apprécier rencontres, unions et désunions, la lenteur et la patience sont de mises. La plus infime particule doit se mêler sereinement au corps du ruminant. Durant cette première phase, longue et lente, le ruminant s'oublie. Son esprit, malmené par les dents et la langue, s’emplit et se vide régulièrement. Il nage maladroitement entre failles, crêtes et versants. Dans sa nage il rêve, réfléchit ou s'endort. Quelle que soit l'activité, rêverie, réflexion ou sommeil, elle doit imprégner chaque fibre du ruminant. Rougissant ou jaunissant, selon les qualités élucubratoires de ses aliments, l'acteur de la rumination pourra savourer absorption et digestion.

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     "Qu'on ne se récrie pas. La férocité est beaucoup plus rare que le dévouement."

    (G. Darien)

     

    La mode est au prédateur depuis longtemps, bien trop longtemps. Le succès du fauve provient du mythe qui associe intelligence et prédation. L'homme se fantasme jaguar, loup, panthère, et se drape de leurs fourrures sous un climat tempéré. Et pourtant, le fauve n'a rien d'un homme, il n'est ni vénal, ni opportuniste, ni lâche, ni repu. Aucune comparaison n'est possible entre sapiens et le fauve. Mais que voulez-vous, « ...l'énergie, même dans les mauvaises passions, excite toujours en nous un étonnement et une espèce d'admiration involontaire. » (Mérimée). Ainsi, l'agitation des nerveux, des avides, des égocentriques est-elle toujours sollicitée par une masse couarde et soumise. C'est de l'élégance, de la lenteur, de l'insoumission, de la rêverie, de la solitude des ruminants qu'un nouveau langage sourd. L'homme qui rumine est d'une férocité implacable, sa pensée heurte les catégorisations et la morale commune, les us et coutumes d'une masse meurtrière. Il ne se drape ni de dépouilles ni de beaux sentiments. Et puisque le fauve humain fait de nous des proies, retrouvons l'intelligence et la sensibilité des troupeaux...  

     

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