•  Les lézardes de feu

     

    J’ai grandi sous le chant des grands-mères

    voix de ruisseau, voix d’herbe, oiseaux d’hiver

    Cheveux blancs et longues robes noires

    Dans le village, effrayantes sorcières

     

    court court petite fille

    ne te retourne pas

    suis la chatte noire

    qui porte dans ses yeux

    les lézardes de feu

     

     

    Dans les chambres obscures elles m’enfermèrent

    Pour que je sois calme et silencieuse

    Savaient-elles qu’ainsi naissent

    les chemins menant aux joies miraculeuses ?

     

    court court petite fille

    ne te retourne pas

    suis la chatte noire

    qui porte dans ses yeux

    les lézardes de feu

     

    Au vent tempétueux j’ai ouvert toutes les fenêtres

    Offrant mes nuits aux hululements des harpies

    Cœur de serres et de fureur, amulettes qu’elles me confièrent

    Contre l’immolation des rêves, les sanglots et la peur.

     

    court court petite fille

    ne te retourne pas

    suis la chatte noire

    qui porte dans ses yeux

    les lézardes de feu

     

    Combien sommes-nous à rêver le désencerclement

    l’ouverture des portes, le désenchaînement des pierres

    pour que surgisse enfin celle que nous nommons mère

    et qui n’est autre que l’heure magique de l’aurore.

     

    Poème Ana Minski, extrait du prochain numéro de la revue Behigorri

     


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  • Extrait du texte Les mudoptères publié dans le hors série n'7 de la revue L'Ampoule :

     

     


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  • Appel à textes pour le numéro 2 de la revue : articles d'écoféminisme radicale, poésie, fiction, écrits par des femmes.

    20 000 signes maximum à envoyer à l'adresse suivante : lesruminant-e-s[at]protonmail.com

    date limite : le 31 juillet 2020.

     

    Pourquoi Behigorri ? Behigorri, « vache rouge », est l’esprit qui protège les grottes où nos ancêtres du Paléolithique peignirent bovins et équins. Apparentée à Betizu, la vache sauvage qui vit encore aujourd’hui dans les montagnes basques, elle est une Ihizi, animal chassé à la Préhistoire et dont les représentations individualisées témoignent d’une cosmologie animiste, du mélange d’émerveillement et de crainte que ces compagnons nous inspiraient. Renouer avec cet inquiétant émerveillement, avec ce monde d’avant le dualisme, l’esprit militaire, l’hégémonie et le contrôle, est un des espoirs de la revue. Pour y parvenir, ou du moins essayer, une critique radicale de la société s’impose, une critique écologique, biocentrée et féministe. Cette critique radicale s’attaque à un imaginaire dominé par une folle rationalisation qui réduit le langage à un discours binaire. Pourtant, quoiqu’en pensent certains, sentiments et rêves sont plus que jamais les ombres portées qui structurent notre culture. C’est pourquoi poésie, contes, nouvelles sont intégrées à cette critique radicale de la société. Les relations qui se tissent dans la contemplation, l’émerveillement et la crainte ne peuvent s’épanouir que si elles s’expriment dans le langage qui leur est propre. Ouvrir notre corps à un nouvel imaginaire c’est accepter un langage trop souvent méprisé par ceux qui rêvent l’homme-machine, l’homme-conquérant, l’homme-immortel.

    Behigorri est une revue numérique en téléchargement gratuit sur le site lesruminants.org mais qui peut aussi être imprimée et cousue artisanalement sur commande. Elle ne possède aucun ISSN et son prix est celui de l’impression, du papier et de l’envoi, il dépend donc du nombre de pages et des illustrations couleurs. Son rythme de parution est irrégulier.

    Behigorri renoue avec tous les peuples et humains actuels dont les rêves, visions, légendes réinventent la complexité foisonnante de notre passé animiste.


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    Revue Behigorri

     

       Sommaire :

    La buveuse d'ombres de Ana Minski
    La Nature, c'est celle qui lutte de Seb d'Armisan
    Les naturiens, précurseurs d'une critique de la civilisation de Nicolas
    Casaux
    À propos de la suppression de notre vagilité de Frank Forencich
    Les jeunes filles et les herbacées de Lierre Keith
    L'enfer du développement durable de Ana Minski
    Confusion renouvelable et transition imaginaire de Nicolas Casaux
    Le rêve est une langue sauvage de Ana Minski
    Le cauchemar des zoos de Derrick Jensen

    Télécharger « Behigorri n°1, septembre 2019.pdf »


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  • Femme de boue aux cheveux de grémil dont les pas lents craquellent le sol
    Murmure des crépuscules et des morts contre nos récits de déments
    Le silence sur ses lèvres se consume et le mystère
    Langue d’humus et de chair.

     

    Femme de boue aux cheveux de grémil dont le souffle égraine feuilles et plumes
    Mugissements de pierres et d’orages contre nos flancs de béton
    À quatre, six, huit pattes, des gouffres aux étoiles,
    Son ombre chavire l’horizon.

     

    Femme de boue aux cheveux de grémil dont la patience modèle le lit des aubes
    Dont l’urine est arche de mousse, les excréments fruits de vergers,
    Les paumes tambours de deuil, le nombril puits de lait,
    Les yeux œuf de serpent.

     

    Femme de boue aux cheveux de grémil, bercée de sable et de feu, dont la gorge aiguise les armes. 


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